Cette page ne ressemble à aucune autre sur ce site. Ce n'est pas un article clinique. C'est une tentative honnête de vous dire comment je travaille, pourquoi je travaille ainsi, et ce que j'espère pour vous quand vous franchissez la porte du cabinet.
Un détour par les chemins d'Europe
En 2017, pendant mon internat, j'ai pris une année de césure pour marcher. 2 500 kilomètres à pied, de Rome jusqu'à Caen, en empruntant les voies de pèlerinage qui traversent l'Europe. Le projet s'appelait « 2 500 km pour un rêve d'enfant », chaque kilomètre parcouru permettait de collecter des dons pour l'association Petits Princes, qui réalise les rêves d'enfants malades.
Je ne suis pas croyant. Ce n'est pas pour Dieu que j'ai marché. C'est pour rencontrer des gens et pour me retrouver moi-même après des années à avoir la tête dans les bouquins. Sur les chemins, on parle très vite de choses profondes. Plus vite qu'en consultation, parfois. Ces rencontres ont confirmé ce que je pressentais : ce qui m'intéresse dans ce métier, c'est l'être humain dans toute sa complexité, pas la pathologie prise isolément.
Ce voyage a aussi changé ma façon de voir l'échec et la réussite. Avant, la médecine était toute ma vie, si j'avais dû arrêter, ç'aurait été une catastrophe. Après, j'ai compris qu'on peut vouloir quelque chose profondément sans en faire une condition de sa survie. C'est une leçon que j'essaie de transmettre, à ma façon, dans le travail thérapeutique.
Ce qui guide mes décisions cliniques
La décision thérapeutique appartient au patient. C'est un principe que j'applique vraiment, pas seulement en théorie.
Je propose des traitements (médicamenteux ou psychothérapeutiques) quand je pense qu'ils représentent une valeur ajoutée réelle pour la situation. Mais je ne les impose pas. Si vous n'êtes pas convaincu, si le moment ne vous semble pas bon, si vous préférez attendre ou essayer autre chose d'abord, je m'adapte. Je ne travaille pas contre votre avis sur les techniques employées. Jamais.
Cette posture a un nom dans la littérature médicale : la prise de décision partagée. Elle repose sur l'idée que vous êtes l'expert de votre vie, et moi l'expert des outils disponibles. La rencontre de ces deux expertises produit quelque chose de plus solide que n'importe quelle décision prise unilatéralement.
Ce que je ne fais pas : vous prescrire un traitement parce que c'est le protocole, vous orienter vers une technique parce qu'elle est à la mode, ou accélérer un processus parce que le calendrier de soins le suggère. Je travaille au rythme qui est le vôtre.
Les outils que j'utilise et comment je les choisis
Ma formation est atypique. Elle est longue, elle est diverse, et elle n'est pas terminée.
J'ai suivi une formation à l'ACT (thérapie d'acceptation et d'engagement), qui s'intéresse moins à changer les pensées qu'à modifier votre rapport à elles. Je termine actuellement ma formation à la thérapie des schémas : une approche qui travaille sur les patterns relationnels et émotionnels profonds, souvent installés depuis l'enfance.
En hypnose, j'ai suivi plusieurs formations (humaniste et médicale) et je l'intègre dans le travail thérapeutique quand elle me semble pertinente. Je suis formé au Process Communication Model (PCM), un outil que j'utilise pour mieux comprendre les styles de communication et adapter ma façon d'entrer en relation avec chaque personne. Je me forme régulièrement à l'ennéagramme, une grille de lecture des personnalités que je trouve utile pour la connaissance de soi.
Mes connaissances en IFS (thérapie des systèmes internes), en CNV (communication non violente) et en TCC sont en grande partie autodidactes, construites à partir de lectures approfondies, de supervision et de pratique clinique. Je ne prétends pas être thérapeute IFS certifié ou praticien CNV labellisé. Ce que je suis, c'est un médecin qui a intégré ces approches à sa pratique de façon réfléchie et qui continue de se former.
Je ne fais pas d'EMDR en cabinet. Je connais la méthode et je suis formé à l'orienter, mais ce n'est pas une technique que je pratique moi-même, je préfère vous adresser à un thérapeute spécialisé si c'est ce dont vous avez besoin.
En pratique, je n'utilise jamais tous ces outils avec tout le monde. Je les choisis en fonction de vous, de votre problématique, de ce qui vous parle, de là où vous en êtes dans votre parcours. Certaines personnes ont besoin d'une approche très structurée et comportementale. D'autres bénéficient davantage d'un travail sur les émotions ou les schémas de pensée anciens. D'autres encore tirent beaucoup de l'hypnose ou de la pleine conscience. Le cadre s'adapte à la personne, pas l'inverse.
Les médicaments : ni tabou ni automatisme
Je suis psychiatre, donc je prescris des médicaments. Mais ce n'est pas mon réflexe premier.
Je crois que les psychotropes peuvent être utiles, parfois essentiels. Je crois aussi qu'ils sont souvent prescrits trop vite, trop longtemps, et sans suffisamment de réflexion sur ce qu'on attend d'eux. Ma pratique cherche à éviter ces deux écueils.
Quand je propose un traitement médicamenteux, c'est parce que j'estime qu'il a un rôle précis à jouer : stabiliser une situation, rendre accessible un travail psychothérapeutique qui ne pourrait pas avoir lieu autrement, soulager une souffrance qui dépasse ce que les seules ressources psychologiques peuvent contenir à court terme. Je vous explique pourquoi, quoi attendre, combien de temps, et comment on envisage la suite.
Si vous ne souhaitez pas de médicaments, je ne vous en prescrirai pas contre votre volonté. Si vous en prenez déjà et que vous souhaitez les arrêter, on en parle ensemble et on construit un plan qui respecte votre sécurité et votre rythme.
Ce que je pense de la guérison
Je ne vise pas la guérison au sens où vous n'auriez plus jamais de difficultés. Ce serait une promesse que je ne peux pas tenir et qui, franchement, ne correspond pas à ce que je vois dans la vie des gens.
Ce que je vise, c'est que vous vous sentiez suffisamment en sécurité dans votre propre processus pour décider vous-même quand vous avez besoin de soutien et quand vous n'en avez pas. Je veux que vous puissiez revenir consulter sans que ce soit vécu comme un échec, comme on retourne chez son médecin généraliste quand quelque chose ne va pas, sans honte et sans drame.
Je me pense comme une zone de sécurité. Un endroit où vous pouvez déposer ce qui est trop lourd à porter seul, tester des façons de voir les choses autrement, reprendre des forces. Et repartir quand vous vous sentez prêt pour revenir si besoin, sans que la porte soit jamais vraiment fermée.
Le signe que ça a bien marché n'est pas que vous n'avez plus jamais de mauvais jours. C'est que vous avez davantage confiance en votre capacité à les traverser.
Ce que j'assume de singulier
J'essaie de ne pas imposer ma vision du monde à celle de mes patients. Si vous avez des croyances (spirituelles, traditionnelles, alternatives) qui vous aident à tenir et à donner du sens à ce que vous traversez, je les intègre au travail. Un accompagnement par un magnétiseur, une pratique chamanique, une foi religieuse : si cela ne crée pas de risque et ne génère pas de mal-être, je ne m'y oppose pas. La souffrance se soigne par beaucoup de chemins, et la science n'en a pas le monopole.
Je crois aussi que le thérapeute n'est pas neutre. Je suis quelqu'un qui a marché seul pendant des mois, qui a voulu être psychologue avant de devenir psychiatre, qui s'est formé en dehors des sentiers battus autant que dedans. Cette singularité est dans la pièce avec nous, je préfère vous en parler plutôt que faire semblant qu'elle n'existe pas.
Enfin, je fais ma thèse en 2021 sur un sujet qui me tient à cœur. Elle est accessible librement ici si vous souhaitez mieux comprendre ma façon de penser : lire la thèse.
Une dernière chose
Ce site contient beaucoup d'articles cliniques, d'informations pratiques, de guides. Tout cela est utile, mais aucun article ne remplace une première conversation.
La première consultation n'engage à rien, elle permet d'évaluer ensemble votre situation et de construire un chemin qui vous ressemble.
Urgences psychiatriques : 3114 (numéro national de prévention du suicide, 24h/24, gratuit) · SAMU 15 · Pompiers 18